vendredi 16 avril 2021

ADIEU VEAUX, VACHES, JOURNAUX...

 

 

Agora, ex-Alka Presse, ex-Maison de la presse, qui avait pignon sur rue depuis 40 ans sur le Cours des Cinquante Otages, a définitivement baissé son rideau de fer cette semaine. Pauvre presse! Pour en lire de l'internationale désormais, il faudra soit s'abonner, soit se rendre à l'aéroport ou à l'étranger tant qu'à faire, bon prétexte pour voyager à nouveau... 

Finie la belle époque où l'on y trouvait de la presse féminine/people/culture british, anyway la plupart des titres comme BBC Looks, Heat, More UK, Sky mag, the Scene ont tous périclité depuis belle lurette. RIP.



DE L'ART ET DU COCHON

 

Crédit photo Matthieu Hague
 

Cette sculpture en bois et cuivre, intitulée "Je pense à toi" et signée de la jeune artiste nantaise Anne-Sophie Yacono (du collectif Bonus) fait partie d'une série d’œuvres à contempler à partir du 23 avril depuis les vitrines du 36, mail des chantiers sur l'île de Nantes. Ou quand la création contemporaine féminine se saisit du sujet phallus...

mardi 6 avril 2021

ANGLE MORT(EL)

Un lundi matin de septembre d'une année déjà sombre, une trentenaire qui se rendait au travail à vélo est décédée à l'angle des boulevards Léon Bureau et de la prairie aux ducs, le chauffeur du camion qui tournait ne l'ayant vraisemblablement pas vue dans l'angle mort. 

Depuis, une bicyclette blanche décorée de fleurs séchées trône sur le trottoir de ce carrefour, subtil symbole à la mémoire de la jeune femme, dont l'existence s'est arrêtée brutalement. Qu'elle repose en paix et que sa mort serve de leçon aux vivants: sur la route, soyons prudents!

jeudi 25 mars 2021

2021 COMMENCE BIEN...

 On a lu pour vous Blanche de Catherine Blondeau, qui "traite" de la (non) couleur de peaux.

Catherine Blondeau est nouvellement auteure, signant son deuxième ouvrage. Nantaise d'adoption, la directrice du Grand T aborde un sujet brûlant d'actu'.

En 2004, Jean-Louis Sagot Duvauroux publiait « On ne naît pas Noir, on le devient ». Catherine Blondeau, ex-professeure de lettres originaire de Rouen, ayant dirigé un institut français en Afrique du Sud, est devenue blanche dans le regard de l'Autre, au contact des populations de la « nation arc-en-ciel ». Pour savoir ce que signifie être blanche aujourd'hui, elle opère (et se perd) dans une opposition binaire : pour elle, être blanche équivaut clairement à ne pas être noire.

Dans son récit de vie, elle récite, bonne élève, les noms des figures de la culture noire mondiale contemporaine. Les épisodes marquants de sa vie s'enchaînent en courts chapitres, agréables à lire, impeccablement rédigés : enfance, éducation, carrière, déménagement, cambriolage, mariage, divorce y sont évoqués dans une chronologie plus ou moins respectée, prétexte à glisser ici du Glissant, à invoquer Fanon là... Elle s'essaie même à un pastiche de Césaire assez réussi quoique périlleux. Catherine Blondeau aurait les félicitations du jury : elle a lu tous les livres, vu tous les films, écouté tous les disques et bien appris sa leçon. Si son discours sonne juste, sa vision est biaisée.

« Quand je croisais des gens à la peau plus foncée, je les remarquais. Leur différence m'intriguait. Leur histoire m'intéressait. Rien de tout cela ne faisait de moi une Blanche. Les personnes de couleur, c'étaient les autres. Moi, je n'étais d'aucune couleur particulière. Je n'avais rien de spécial. »

Pour ceux que ça intéresse (et comment ne pas s'y intéresser à l'heure de BLM, des restitutions, de la cancel culture ?), ils apprendront beaucoup auprès de cette enseignante dans l'âme. Pour les autres, ça ressemble à une tentative de les convaincre, et quand le racisme, bien que délictueux, s'exprime à la fois dans les urnes et en ligne, l'essai est à saluer. Malgré sa bonne volonté, la conscientisation raciale de cette Française née dans les années 1970 vire à l'obsession. Signe des temps, la radicalité, même bien pensée, peut faire tourner au vinaigre les meilleures intentions.

L'intérêt de son texte réside plus dans la bibliographie (qu'on eût aimé voir compilée en fin d'ouvrage) que dans sa narration, même si elle s'avère nécessaire. On lui concédera un vrai style, et c'est là l'essentiel : une écrivaine pas vaine est née. 


 

Mémoire d'encrier, sa maison d'édition canadienne, est spécialisée dans la mise en avant des voix authentiques du monde. Mission accomplie ici. Avec humour en sus : l'image de couverture, un caméléon peint, s'intitule « quand on a de trop belles couleurs, on est souvent les plus dangereux. »

Avec ce récit inspiré et inspirant, Catherine Blondeau a terrassé avec brio le syndrome de la page blanche sur un sujet archi touchy. Le courage et le cœur qu'elle y a mis font plaisir à lire.

Extrait : « Et dire qu'on aura passé des décennies à enseigner à des petits Congolais et des petites Sénégalaises que leurs ancêtres étaient Gaulois, alors qu'il aurait fallu apprendre aux petits Français que leurs ancêtres gaulois étaient les descendants d'êtres humains partis à pied des alentours du Grand Rift, à l'est de l’Afrique, il y a plusieurs centaines de milliers d'années. »

Blanche de Catherine Blondeau, éditions mémoires d'encrier, 2021, 248 pages, 19 euros.

 

mardi 23 mars 2021

ECLOSION DE TITRES SECOND DEGRÉ DANS LES RUES

 

Spottées avec l'arrivée du printemps dans les artères nantaises, ces affichettes imitant les titres de unes du quotidien Ouest-France, issues d'un obscur média parodique baptisé Ouest Rance, sont plus ou moins drôles, mais ont le mérite de faire sourire, occurrence rare par les temps qui courent. Et puis, comme le chantait Henri Salvador: "faut rigoler, faut rigoler, avant que le ciel nous tombe sur la tête...".


SÉLECTION UN AUTRE REGARD

 

Une visiteuse contemple une œuvre d'art chez Afikaris, à Paris, en mars 2021 (avant le 3ème "confinement")

Un artiste s'expose à la 193 Galerie à Paris, en mars 2021, avant la fermeture des espaces culturels pour cause de... de quoi déjà?!

vendredi 5 février 2021

"FAUT INTERDIRE LA MISÈRE"

 

 

Jeudi 4 février, après deux semaines de mousson dégueulasse, le soleil pointe enfin le bout de son nez et avec lui, un gentil cortège intersyndical prêt à manifester son envie d'en découdre avec la précarité. A 10 du mat', dans les rues de Nantes, une force de dissuasion: une quinzaine de fourgons de CRS, dont des fantassins armés jusqu'aux dents, attendent au tournant des retraités, drapeaux de la CGT au vent. Ambiance "il n'y a plus de raison ma bonne dame!".



DES TALENTS D'ICI CREUSENT UN SILLON POUR LA BONNE CAUSE...

  Comme pour la 1ère édition de PARAGES x P(ART)AGES, le Secours populaire a souhaité valoriser l’accès à la culture sous de multiples form...