dimanche 7 novembre 2021

TU L'AS VU ?

Quoi? La 25ème édition de la QPN: quinzaine photographique nantaise! Elle se tient jusqu'au 21 novembre, sous le thème Histoire(s), en divers espaces d'expo, dont la galerie l'Atelier, rue de Chateaubriand, où l'on peut admirer ces portraits.

Soldats inconnus de la première guerre mondiale, leur tarbouche rouge laisse à penser que ce serait des fantassins marocains, dont on ne sait rien d'autre que ce qu'ils nous montrent là: regard franc, carrure et charisme de bonhomme comme on n'en fait plus, élégance et pose naturelles d'un autre temps confèrent à ces clichés une puissance émotionnelle pas imméritée. 


Qui sont-ils? Qui les a photographiés, où et quand, pourquoi, comment? Mystère...

www.festival-qpn.com


WHEN THERE'S A WHEEL...

Simon Pondard, trentenaire nantais, n'a jamais marché. Atteint d'une atrophie musculaire de naissance, il revient tout juste d'une excursion au sommet d'une montagne menée de concert avec une tribu tanzanienne, filmée en vue d'en produire un documentaire.

Lundi 4 octobre, il s'envolait pour l'Afrique de l'Est : « première fois de ma vie que je prends l'avion et que je pars aussi loin », témoigne le jeune homme, en me recevant dans son appart au 11ème étage d'une tour à Malakoff. 

Des cimes nantaises au sommet de la Tanzanie

Son but: se « confronter à une autre réalité, en découvrant une ethnie proche de nos ancêtres et créer avec eux un rapport mutuellement enrichissant ». Les Barabaigs vivent de nos jours en nomades sur un territoire octroyé par le gouvernement tanzanien. Eux, qui ont sans doute rarement vu quelqu'un déambuler dans le coin en fauteuil roulant, risquent d'être intrigués. 

Le projet baptisé "Une roue sur les cimes" consiste à grimper en procession jusqu'au sommet du mont Hanang, 3427 mètres: « on n'a qu'une vie ». « Mes potes vont me tracter en joëlette, sorte de brouette à mono-roue permettant le transport des personnes à mobilité réduite. » 

Simon personnifie le dicton qui dit que "quand on veut, on peut" ("when there is a will, there is a way", en anglais;).

Sur FB : Une roue sur les cimes. 


 

mardi 2 novembre 2021

UN MOVE À PARIS POUR Y VOIR TÉHÉRAN?

C’est à un représentant de la nouvelle génération de photographie documentaire qu’est consacrée l’exposition PerseFornia, avoir 20 ans à Téhéran, présentée par la curatrice Fouzia Marouf.

« Youness Miloudi, jeune artiste franco-marocain, porte un regard dénué de préjugés sur un pan de la jeunesse iranienne, forte d’une civilisation millénaire. Son projet, ponctué de nombreux voyages à Téhéran, a été façonné au fil de plusieurs années tel un conte urbain ».

Ses portraits s'offrent au regard comme autant de personnages d'une histoire récente (2017-2018) dont l'unité de lieu se situe à mi-chemin entre Persepolis et California. C'est le mythique « East meets West » version contemporaine.

PerseFornia by Youness Miloudi

Ici Téhéran, tentaculaire, est personnifiée par une jeunesse libre, qui dicte ses codes, ses préoccupations et ses envies : ces jeunes flirtent, font la fête, graffent, se tatouent (ce qui, en terre d'islam, revêt un caractère transgressif), pratiquent leur art et tentent de vivre pleinement, comme n’importe où ailleurs.

Témoin d'une énergie rock, quoique respectueuse des traditions, l'œil européen trouvera dans le travail de Youness Miloudi un aspect exotique, fascinant comme l'Orient.

"PerseFornia" du 3 au 20 novembre 2021

Galerie Nouchine Pahlevan

47, rue Chapon – 75003 Paris

www.galerienouchinepahlevan.com

 

vendredi 22 octobre 2021

ST NAZ': MATA9ISH* LA CORNICHE!

 * Expression de darija (arabe dialectal marocain) signifiant "Pas touche".


 Début octobre, le maire de Saint Nazaire publie son intention de mener à terme un projet d'habitat collectif sous forme d'une tour qui devrait s'ériger au beau milieu du quartier du petit Maroc, charmant îlot de tranquillité en bout de corniche.

St Naz aura un point commun avec Casa: l'étalement urbain vertical.


Seuls les palmiers feront mériter son nom au quartier


lundi 18 octobre 2021

LA TRAITE EN MODE PENSÉE DÉCOLONISÉE: FAUT VOIR

Pour ceux qui ne le savaient pas, Nantes a son musée d'histoire. Il se trouve au château des Ducs de Bretagne. Jusqu'en juin 2022, une exposition sous titrée "Nantes dans la traite atlantique et l'esclavage colonial (1707-1830)" s'y tient. 

L'abîme, c'est son titre, fait référence à la notion de "gouffre atlantique", exprimée par le philosophe et poète martiniquais Édouard Glissant. Voilà pour la contribution noire au contenu.

Il faut avoir le cœur bien accroché pour ressortir des lieux sans une mine de smiley nauséeux. Je n'y emmènerai pas mon fils, à la fois afro-descendant et néo-Nantais, trop jeune pour aborder le doss'. 

Le traitement ludique (tableaux animés et commentés, cartes dynamiques), s'il sert à dédramatiser le propos tout en apportant chiffres et faits avec brio, se révèle moins pédagogue et poétique que les natures mortes (exemplaire du code noir, malle de boucaniers) auxquelles il faut consacrer un temps de lecture et de réflexion conséquent. Méfions-nous des vérités assénées par les écrans qui ne laissent que peu de place au penser (/panser).

Des visites guidées sont organisées le dimanche après-midi.

L'Homme est bel et bien un loup pour l'Homme, se dit-on, happé par la scénographie immersive signée Marc Vallet. Et les sauvages dans l'histoire ne sont pas ceux qu'on voudrait nous faire croire.

En passant par la salle où la Marie Séraphique, navire rempli de captifs africains avance, son image projetée au sol, au gré d'une bande-son certes réaliste mais malaisante, la tentative de décoloniser la pensée est morte-née: la figure du Noir victimaire (contre-balancée plus loin par une évocation de Toussaint Louverture) et cette mise en scène macabre laissent un arrière-goût amer. 

Krystel Gualdé, directrice du musée et commissaire de l'expo, explique que le terme "colonial" désigne ici autant la période historique qu'il remplace (sans l'annuler) le terme "négrier".

On n'en est plus à l'heure de présenter l'horreur, on ne la sait que trop et l'on souhaiterait aujourd'hui que soit explicité sans pathos ni air supérieur le système économique et politique international qu'était l'esclavage. 

En cela, les objets, dont on dit sous nos cieux qu'ils n'ont pas d'âme, font bien le job: visez un peu...

Une tabatière riant jaune

Les cauris sont les scories d'un marché de dupes: ces coquillages servaient de monnaie d'échange dans les comptoirs coloniaux.

Bol et cruche en faïence de Creil (circa 1800) arborant le slogan de la société britannique des amis des Noirs: "Ne suis-je pas homme et votre frère?".

La dernière salle de l'exposition au rez-de-chaussée s'adresse davantage au jeune public et pose des questionnements actuels avec des outils interactifs, comme ici autour de notre responsabilité en tant que consommateurs de produits issus de la traite: épices, café, sucre, chocolat, coton, indigo, cobalt etc.

Une riche bibliographie, à laquelle on aurait ajouté "La Pensée Blanche" de Lilian Thuram, attend les visiteurs.

1741-2021: 280 ans (environ 11 générations) séparent ces dates, la première étant marquée par le décès de 1466 hommes, femmes et enfants à bord de 27 navires esclavagistes nantais, pour cette seule année!

https://www.chateaunantes.fr/expositions/labime/

CLICHÉS AFRICAINS EXP(L)OSÉS HORS LES MURS

Dans le quartier du Port Boyer, l'association Vis ton Rêve a apposé aux murs bétonnés de la cité le fruit d'un voyage d'échange entre artistes d'ici et d'autres du Togo et du Bénin. 

Le résultat est une profusion de couleurs qui donne envie d'aller voir ailleurs (ou au moins de faire le déplacement jusqu'à gauche après le pont de la Tortière, à défaut de se rendre à Kébo-Dogbadji;). Il n'y a pas que la Gacilly dans la vie!




Les photos originales sont signées Alice Grégoire et Axel Vanlerberghe. On doit le caméléon graffé sur le cliché ci-dessus (garanti non retouché) à Sitou Matt, qui a redécoré tout le quartier nantais à base de pschitts multicolores: talents en barre.
 https://www.dailymotion.com/vtr-art


VOIR UN SCULPTEUR OEUVRER EN VRAI...

Avis aux curieux: jusqu'au 31 octobre, on a le loisir de voir officier un sculpteur en live, et c'est plutôt rare. 

Dans la jolie serre du château de la Gobinière à Orvault, Jean-Pierre Picheny expose ses moulages de corps féminins et creuse devant vos yeux ébahis la terre glaise d'après modèle vivant. L'homme est bavard sur sa pratique du volume: à l'écouter, on risque d'en apprendre de belles... 









DES TALENTS D'ICI CREUSENT UN SILLON POUR LA BONNE CAUSE...

  Comme pour la 1ère édition de PARAGES x P(ART)AGES, le Secours populaire a souhaité valoriser l’accès à la culture sous de multiples form...